Le président russe, Vladimir Poutine, a officialisé, hier, l’annexion par la Russie Louhansk, Donetsk, Kherson et Zaporijia dont les populations ont été consultées par référendum, au nom du «droit à l’autodétermination des peuples».
« C’est la volonté de millions de personnes », a affirmé Vladimir Poutine lors d’une cérémonie officielle en présence de centaines de responsables, dont des élus de la Douma, dans la salle Saint-Georges du Kremlin. « Les habitants de Louhansk, Donetsk, Kherson et Zaporijia deviennent nos citoyens pour toujours », a-t-il ajouté, précisant que les populations avaient voté « sans équivoque » pour « un avenir commun ». « Quatre nouvelles régions russes » seront ainsi formées, a-t-il dit.
Nous défendrons ces terres « de toutes nos forces et par tous les moyens », a-t-il martelé, parlant d’un combat « pour la grande Russie historique ».
« L’Union soviétique n’existe plus, nous ne pouvons plus revenir dans le passé, mais la Russie n’en a plus besoin, n’a plus besoin de cela », a-t-il poursuivi. Le président russe a appelé Kiev à « cesser immédiatement les tirs, toutes les hostilités » et à « revenir à la table des négociations ».
Dans son discours, le chef du Kremlin s’est surtout livré à une violente diatribe contre l’Occident, qu’il a accusé de vouloir à tout prix préserver un « système néocolonial qui lui permet de parasiter et, de fait, de piller le monde entier ». « Ils veulent nous voir comme une colonie. ».
Il a poursuivi ses accusations en parlant de « satanisme », de « négation de l’être humain » et de violation des valeurs morales et familiales. « Voulons-nous que, dans notre pays, au lieu d’avoir un père et une mère, nous ayons un parent no 1 et un parent no 2 ? (…) Qu’on parle à nos enfants des opérations de changement de sexe ? », a-t-il lancé, jugeant que la « propagande » de la « dictature du dollar » masquait la vérité. La russophobie à l’œuvre dans le monde est du « racisme », a-t-il dénoncé. Il a aussi accusé les Anglo-Saxons d’être à l’origine des « explosions » qui ont provoqué des fuites sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2, construits pour acheminer le gaz russe en Europe. Il avait déjà qualifié cette attaque jeudi d’« acte de terrorisme international ».
A l’issue du discours M. Poutine a signé les documents d’annexion aux côtés de Denis Pouchiline (oblast de Donetsk), Leonid Passetchnik (oblast de Louhansk), Vladimir Saldo (oblast de Kherson) et Ievhen Balytsky (oblast de Zaporijia). Ils ont ensuite joint leurs mains avant de scander « Russie ! » à l’unisson avec la salle, selon les images retransmises à la télévision.
Z.Z
