Vers un record des émissions de CO2 d’origine fossile

Les émissions de CO2 produites par la consommation d’énergies fossiles – pétrole, gaz ou charbon – vont dépasser en 2022 leur niveau record, après le trou d’air dû au Covid, selon une étude de référence.

Les émissions totales de ce gaz à effet de serre, principal responsable du réchauffement, incluant celles produites par la déforestation, vont-elles presque retrouver le niveau de 2019, ne laissant à ce rythme qu’une chance sur deux d’éviter de dépasser un réchauffement de 1,5°C dans neuf ans, selon les scientifiques du Global Carbon Project.

Les émissions de CO2 d’origine fossile « devraient augmenter de 1% par rapport à 2021, pour atteindre 36,6 milliards de tonnes, soit un peu plus que les niveaux de 2019 avant le Covid-19 », selon leurs calculs.

Cette hausse est portée principalement par l’utilisation du pétrole (+2,2%), avec la **reprise du trafic aérien, et du charbon (+1%).**Les émissions dues au charbon, en décroissance depuis 2014, devraient croitre de 1% et retrouver voire dépasser leur niveau record de cette année-là.

Au rythme actuel de « dépense » de ce budget, il ne reste qu’une chance sur deux de tenir dans neuf ans l’objectif le plus ambitieux, contenir le réchauffement à 1,5°C.

Les émissions de gaz à effet de serre devraient en effet baisser de 45% d’ici 2030 pour avoir une chance d’y parvenir. A 30 ans, il y a une chance sur deux de tenir l’objectif moins ambitieux de +2°C, et à 18 ans pour +1,7°C.

Or, avec près de +1,2°C de réchauffement déjà enregistré, les catastrophes climatiques se multiplient déjà à travers le monde, comme l’a illustré l’année en cours, avec son cortège de canicules, sécheresses, inondations ou méga-feux…

Les émissions non liées aux fossiles, environ 10% du total et principalement dues à la déforestation, sont en légère baisse. Et le réchauffement touche déjà les puits de carbone naturels, qui jouent pourtant un rôle vital pour l’atténuer.

L’absorption de CO2 par les puits terrestres a ainsi été réduite d’environ 17% et celle des océans de 4% au cours de la décennie 2012-21.

Du fait des multiples crises, 2022 ne sera pas une année type dont on pourra tirer des enseignements évidents, soulignent les auteurs. La hausse de 1% n’est peut-être pas « une tendance à long terme », estime Corinne Le Quéré. Mais « les émissions ne baissent pas comme elles le devraient ».

F.B.

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