Sahel : Le CICR tire la sonnette d’alarme

Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la combinaison fatale des conflits et de la crise climatique fait souffrir des millions de personnes au Mali et dans toute la région du Sahel.

« Prises en étau entre l’avancée du désert, les aléas climatiques et les violences, des communautés entières n’ont d’autre choix que de fuir en laissant derrière elles leurs maisons, leurs troupeaux et leurs moyens de subsistance », indique cette organisation dans un communiqué rendu public aujourd’hui.

Lors de sa première visite de terrain en tant que présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric a ainsi « mis en garde contre la pression croissante qui s’exerce au Sahel aussi bien sur les personnes déplacées que sur les communautés qui les accueillent et doivent partager avec elles leur eau, leur nourriture et leurs terres ».

Cette pression, a-t-elle dit, doit être atténuée, ou le ressentiment s’accumulera jusqu’à rompre les liens existant entre les communautés. «Ces familles aspirent désespérément à une vie meilleure. J’ai parlé avec des femmes qui ont dû enterrer leurs enfants pendant leur fuite. Beaucoup ont perdu leur mari, leurs frères… L’aide humanitaire est limitée et ces personnes n’entrevoient aucune échappatoire. Nous devons briser ce cercle vicieux de changement climatique et de violence qui les force à abandonner leurs terres », a déclaré Mme Spoljaric.

Selon le CICR, les violences ont contraint 4,5 millions de personnes à quitter leur foyer au Mali, au Niger et au Burkina Faso, soit une augmentation de 200% en l’espace de deux ans. Alors que 80% de la population du Sahel dépend de l’agriculture pour survivre, les déplacés se retrouvent privés d’accès à leurs terres et à leur bétail.

Le changement climatique fait partie de la réalité quotidienne au Mali. Des lacs entiers, comme le lac Faguibine, se sont asséchés, anéantissant les écosystèmes locaux et forçant les communautés à s’en aller.

La désertification gagne du terrain et le niveau des nappes phréatiques ne cesse de baisser, ce qui met les agriculteurs sous pression. La sécheresse, ajoute le CICR, a fait perdre au Mali 90 000 hectares de récoltes en 2021, mettant à mal les moyens de subsistance de plus de 3 millions de Maliens et entraînant une baisse de 10,5% de la production céréalière du pays.

Z.Z.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *