Quelque 160 millions d’enfants, soit près d’un sur dix dans le monde, travaillent, a alerté lundi le Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Gilbert Houngbo, exhortant la communauté internationale à soutenir une plus grande justice sociale et à intensifier la lutte contre ce phénomène. La moitié d’entre eux, soit 80 millions, sont soumis aux formes les plus dangereuses du travail des enfants, a ajouté le chef de l’OIT, estimant qu' »il s’agit d’un travail qui menace réellement leur santé physique et mentale ». « Pourtant, ce qui se passe avec le travail des enfants est tout le contraire de la justice sociale », a-t-il noté dans un message à l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée cette année sous le thème « La justice sociale pour tous. Mettons fin au travail des enfants ». M. Houngbo a en outre alerté sur le fait que le travail des enfants était « en augmentation pour la première fois en 20 ans », appelant à soutenir la « justice sociale ». L’abolition du travail des enfants est une pierre angulaire de l’aspiration à la justice sociale, selon laquelle chaque travailleur peut librement revendiquer, à égalité de chances et de traitement, sa juste part de la richesse qu’il a contribué à générer, selon l’OIT. Depuis 2000, pendant près de deux décennies, le monde a fait des progrès constants dans la réduction du travail des enfants, a-t-on relevé. Mais ces dernières années, les conflits, les crises et la pandémie de Covid-19 ont plongé davantage de familles dans la pauvreté – et contraint des millions d’enfants supplémentaires à travailler. Pour l’organisation onusienne, l’expérience cumulée de la lutte contre le travail des enfants au cours des trois dernières décennies a montré que ce phénomène peut être éliminé si l’on s’attaque à ses causes profondes. Les mesures pour y remédier comprennent l’établissement et la mise en œuvre d’un cadre juridique solide fondé sur les normes internationales du travail et le dialogue social, l’accès universel à une éducation de qualité et à la protection sociale, ainsi que des mesures directes pour réduire la pauvreté, l’inégalité et l’insécurité économique, et pour promouvoir le travail décent pour les travailleurs adultes, explique l’OIT.
