{"id":17518,"date":"2023-11-04T19:40:33","date_gmt":"2023-11-04T18:40:33","guid":{"rendered":"https:\/\/lekiosque-med.dz\/?p=17518"},"modified":"2023-11-04T19:41:11","modified_gmt":"2023-11-04T18:41:11","slug":"1-609","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/?p=17518","title":{"rendered":"Programme de d\u00e9veloppement durable \u00e0 l\u2019horizon 2030 des Nations-Unies : La faim se propage dans le monde"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le Programme de d\u00e9veloppement durable \u00e0 l\u2019horizon 2030 des Nations-Unies, porte la vision d\u2019un monde plus sain, plus juste et plus \u00e9quitable \u2013 un monde lib\u00e9r\u00e9 de la pauvret\u00e9, de la faim et de la malnutrition. Or, force est de constater que ces objectifs semblent de plus en plus hors de port\u00e9e, reconnaissent les analystes de la FAO (organisation des Nations-Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture)<\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n<p>Bien que la faim ne se soit pas aggrav\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale entre 2021 et 2022, elle gagne du terrain, cependant, dans de nombreux endroits de la plan\u00e8te \u2013\u00a0touchant des personnes qui n\u2019ont pas encore pu compenser les pertes de revenu occasionn\u00e9es par la pand\u00e9mie de covid-19, qui ont \u00e9t\u00e9 durement frapp\u00e9es par la hausse des prix des denr\u00e9es alimentaires, des intrants agricoles et de l\u2019\u00e9nergie, ou encore dont la vie et les moyens d\u2019existence sont mis \u00e0 mal par des conflits ou des ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames. Le dernier rapport de la FAO, publi\u00e9 il y a trois jours, fait le point sur les progr\u00e8s accomplis au niveau mondial en direction des objectifs d\u2019\u00e9radication de la faim (cible 2.1 des ODD) et d\u2019\u00e9limination de la malnutrition sous toutes ses formes (cible 2.2). Il montre que la faim est demeur\u00e9e relativement stable au niveau mondial entre 2021 et 2022, mais qu\u2019elle se maintient largement au-dessus du niveau enregistr\u00e9 avant la pand\u00e9mie de covid-19 et m\u00eame qu\u2019elle augmente dans de nombreuses r\u00e9gions o\u00f9 les populations n\u2019ont pas encore pu compenser les pertes de revenus occasionn\u00e9es par la pand\u00e9mie, ou ont \u00e9t\u00e9 durement touch\u00e9es par la flamb\u00e9e des prix des denr\u00e9es alimentaires, des intrants agricoles et de l\u2019\u00e9nergie, par des conflits et\/ou par des ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames. Le rapport donne \u00e9galement des estimations actualis\u00e9es concernant les milliards de personnes qui n\u2019ont pas acc\u00e8s toute l\u2019ann\u00e9e \u00e0 une alimentation nutritive, sans danger pour la sant\u00e9 et en quantit\u00e9 suffisante. Il fait appara\u00eetre que, dans l\u2019ensemble, l\u2019on est\u00a0 bien mal engag\u00e9 pour atteindre l\u2019ensemble des cibles li\u00e9es \u00e0 la nutrition. Si des progr\u00e8s sont observ\u00e9s en ce qui concerne d\u2019importants indicateurs de la nutrition infantile, l\u2019augmentation du taux d\u2019exc\u00e8s pond\u00e9ral constat\u00e9e chez les enfants de moins de 5 ans dans de nombreux pays laisse pr\u00e9sager un accroissement de la charge des maladies non transmissibles. L\u2019urbanisation progresse dans de nombreux pays et ce rapport montre qu\u2019elle modifie les syst\u00e8mes agroalimentaires d\u2019une fa\u00e7on qu\u2019il n\u2019est plus possible d\u2019appr\u00e9hender sous l\u2019angle de la simple dichotomie entre milieu rural et milieu urbain. L\u2019\u00e9volution des agglom\u00e9rations tout le long du continuum rural-urbain et la fonction d\u2019interface que celles-ci exercent en tant que lieux d\u2019\u00e9change et d\u2019interactions socio\u00e9conomiques modifient les syst\u00e8mes agroalimentaires et sont modifi\u00e9es par eux, ce qui n\u2019est pas sans cons\u00e9quences pour la disponibilit\u00e9 et l\u2019accessibilit\u00e9 \u00e9conomique des aliments sains, et donc pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition.<\/p>\n<p><strong>Plus de 600 millions de personnes souffriront de sous-alimentation chronique en 2030<\/strong><\/p>\n<p>De nouvelles donn\u00e9es indiquent que, dans certains pays, ce ne sont plus seulement les m\u00e9nages urbains mais aussi les m\u00e9nages ruraux qui ach\u00e8tent une part \u00e9lev\u00e9e des aliments qu\u2019ils consomment. Dans plusieurs pays, la consommation d\u2019aliments hautement transform\u00e9s augmente \u00e9galement dans les zones p\u00e9riurbaines et les zones rurales. Les effets de ces changements sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition des individus diff\u00e8rent selon l\u2019endroit o\u00f9 ceux-ci vivent le long du continuum. \u00a0\u00a0La faim dans le monde \u2013 mesur\u00e9e par la pr\u00e9valence de la sous-alimentation (indicateur 2.1.1 des objectifs de d\u00e9veloppement durable [ODD]) \u2013 est demeur\u00e9e relativement stable entre 2021 et 2022, mais se maintient \u00e0 un niveau bien sup\u00e9rieur \u00e0 celui enregistr\u00e9 avant la pand\u00e9mie de covid-19: elle touchait quelque 9,2 % de la population mondiale en 2022, contre 7,9 %en 2019. On estime qu\u2019entre 691 millions et 783 millions de personnes dans le monde ont souffert de la faim en 2022. Si l\u2019on prend la moyenne (735 millions environ), cela repr\u00e9sente pr\u00e8s de 122 millions de personnes de plus qu\u2019en 2019, avant la pand\u00e9mie mondiale. \u00e8 Entre 2021 et 2022, des progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 accomplis en Asie et en Am\u00e9rique latine en mati\u00e8re de r\u00e9duction de la faim, mais cette derni\u00e8re continue d\u2019augmenter en Asie de l\u2019Ouest, dans les Cara\u00efbes et dans toutes les sous-r\u00e9gions d\u2019Afrique. Les projections indiquent que pr\u00e8s de 600 millions de personnes souffriront de sous-alimentation chronique en 2030. Dans un sc\u00e9nario sans pand\u00e9mie ni guerre en Ukraine, ce chiffre serait inf\u00e9rieur de 119 millions \u2013 et de 23 millions environ si seule la guerre en Ukraine \u00e9tait \u00e9cart\u00e9e, ce qui souligne l\u2019immense d\u00e9fi que repr\u00e9sente la cible des ODD visant l\u2019\u00e9radication de la faim, en particulier en Afrique. La pr\u00e9valence de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire mod\u00e9r\u00e9e ou grave \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale (indicateur 2.1.2 des ODD) est demeur\u00e9e stable pour la deuxi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive, apr\u00e8s avoir fortement augment\u00e9 entre 2019 et 2020. Quelque 2,4 milliards de personnes \u2013 29,6 % de la population mondiale \u2013 \u00e9taient en situation d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire mod\u00e9r\u00e9e ou grave en 2022, dont environ 900 millions (soit 11,3 pour cent de la population mondiale) dans le deuxi\u00e8me cas. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire touche de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e les femmes et les personnes qui vivent en milieu rural. En 2022, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire mod\u00e9r\u00e9e ou grave concernait 33,3 % des adultes en milieu rural, contre 28,8 % dans les zones p\u00e9riurbaines et 26,0 pour cent dans les zones urbaines. L\u2019\u00e9cart entre femmes et hommes en mati\u00e8re d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, qui s\u2019\u00e9tait creus\u00e9 dans le sillage de la pand\u00e9mie, s\u2019est r\u00e9duit entre 2021 et 2022, passant de 3,8 points \u00e0 2,4 points. En 2021, plus de 3,1 milliards de personnes dans le monde (soit 42 %) n\u2019avaient pas les moyens de s\u2019alimenter sainement. Bien que cela repr\u00e9sente une hausse globale de 134 millions par rapport \u00e0 2019, avant la pand\u00e9mie, le nombre de personnes se trouvant dans cette situation a en r\u00e9alit\u00e9 baiss\u00e9 de 52 millions entre 2020 et 2021. On estime qu\u2019en 2022, sur l\u2019ensemble des enfants de moins de 5 ans \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, 148,1 millions (22,3 pour cent) pr\u00e9sentaient un retard de croissance, 45 millions (6,8 pour cent) \u00e9taient \u00e9maci\u00e9s et 37 millions (5,6 pour cent) \u00e9taient en surpoids. La pr\u00e9valence du retard de croissance et de l\u2019\u00e9maciation \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9e dans les zones rurales, tandis que celle de l\u2019exc\u00e8s pond\u00e9ral \u00e9tait l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieure en milieu urbain<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Amplifier et mieux cibler nos actions\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dans le pr\u00e9sent rapport, nos organisations viennent r\u00e9affirmer, d\u2019une m\u00eame voix, qu\u2019il nous faut amplifier et mieux cibler nos actions, faute de quoi l\u2019objectif d\u2019\u00e9liminer la faim, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la malnutrition sous toutes ses formes d\u2019ici \u00e0 2030 restera hors de notre port\u00e9e. Notre monde se rel\u00e8ve de la pand\u00e9mie plan\u00e9taire, mais de mani\u00e8re in\u00e9gale d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre ou au sein m\u00eame des pays\u00a0\u00bb, disent les r\u00e9dacteurs du document. Il est en outre aux prises avec les cons\u00e9quences de la guerre en Ukraine, qui a \u00e9branl\u00e9 les march\u00e9s des produits alimentaires et de l\u2019\u00e9nergie. Les syst\u00e8mes agroalimentaires restent extr\u00eamement vuln\u00e9rables aux crises et aux perturbations r\u00e9sultant des conflits, de la variabilit\u00e9 et des extr\u00eames climatiques, et des contractions \u00e9conomiques. Ces facteurs, conjugu\u00e9s aux in\u00e9galit\u00e9s croissantes, continuent de mettre \u00e0 rude \u00e9preuve la capacit\u00e9 des syst\u00e8mes agroalimentaires de fournir \u00e0 chacun une alimentation nutritive, sans danger pour la sant\u00e9 et abordable. Ces grands moteurs de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et de la malnutrition sont la \u00abnouvelle normalit\u00e9\u00bb. \u00ab\u00a0Nous n\u2019avons pas d\u2019autre choix que de redoubler d\u2019efforts pour transformer les syst\u00e8mes agroalimentaires et les utiliser comme levier pour atteindre les cibles de l\u2019objectif de d\u00e9veloppement durable (ODD)\u00a02\u00a0\u00bb, avouent les experts de la FAO. La faim dans le monde se maintient \u00e0 un niveau bien sup\u00e9rieur \u00e0 celui enregistr\u00e9 avant la pand\u00e9mie de covid-19. On estime qu\u2019entre 690\u00a0millions et 783\u00a0millions de personnes dans le monde ont souffert de la faim en\u00a02022. Cela repr\u00e9sente 122\u00a0millions de personnes de plus qu\u2019avant la pand\u00e9mie. Malgr\u00e9 tout, la faim a cess\u00e9 de s\u2019aggraver dans le monde au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es, et on comptait en 2022 quelque 3,8\u00a0millions de personnes sous-aliment\u00e9es de moins qu\u2019en\u00a02021. La reprise \u00e9conomique au sortir de la pand\u00e9mie a contribu\u00e9 \u00e0 ce r\u00e9sultat, mais cette modeste progression a incontestablement \u00e9t\u00e9 fragilis\u00e9e par la hausse des prix des produits alimentaires et de l\u2019\u00e9nergie, elle-m\u00eame amplifi\u00e9e par la guerre en Ukraine. L\u2019autosatisfaction n\u2019est toutefois pas de mise, car la faim continue d\u2019empirer partout en Afrique, en Asie de l\u2019Ouest et dans les Cara\u00efbes<\/p>\n<p><strong>Cible Faim z\u00e9ro des ODD\u00a0: un gigantesque d\u00e9fi \u00e0 relever d\u2019ici \u00e0 2030<\/strong><\/p>\n<p>La cible Faim z\u00e9ro des ODD est sans nul doute un gigantesque d\u00e9fi \u00e0 relever d\u2019ici \u00e0 2030. Les projections indiquent en effet que pr\u00e8s de 600\u00a0millions de personnes souffriront encore de la faim \u00e0 cette \u00e9ch\u00e9ance. Dans un sc\u00e9nario sans pand\u00e9mie de covid-19 ni guerre en Ukraine, ce chiffre serait inf\u00e9rieur de 119\u00a0millions \u2013 et de 23\u00a0millions environ dans un sc\u00e9nario o\u00f9 seule la guerre en Ukraine est \u00e9cart\u00e9e. Malheureusement, la faim n\u2019est pas l\u2019unique pr\u00e9occupation. En 2022, 2,4\u00a0milliards de personnes \u2013 parmi lesquelles relativement plus de femmes et de personnes vivant en zone rurale \u2013 n\u2019avaient pas acc\u00e8s \u00e0 une alimentation nutritive, sans danger pour la sant\u00e9 et en quantit\u00e9 suffisante toute l\u2019ann\u00e9e. Les effets tenaces de la pand\u00e9mie sur le revenu disponible des personnes, le co\u00fbt de plus en plus \u00e9lev\u00e9 d\u2019une alimentation saine et la hausse globale de l\u2019inflation laissent encore des milliards d\u2019\u00eatres humains sans acc\u00e8s \u00e0 une alimentation saine et abordable. Des millions d\u2019enfants de moins de 5\u00a0ans continuent de pr\u00e9senter un retard de croissance (148\u00a0millions), de souffrir d\u2019\u00e9maciation (45\u00a0millions) ou d\u2019\u00eatre en surpoids (37\u00a0millions). Malgr\u00e9 les progr\u00e8s accomplis en mati\u00e8re de r\u00e9duction de la d\u00e9nutrition infantile \u2013 retard de croissance et \u00e9maciation \u2013, le monde n\u2019est pas sur la bonne voie pour atteindre les cibles fix\u00e9es dans ces domaines pour 2030, et aucune r\u00e9gion n\u2019est en passe de r\u00e9aliser la cible d\u00e9finie avec la m\u00eame \u00e9ch\u00e9ance pour l\u2019insuffisance pond\u00e9rale \u00e0 la naissance, laquelle est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la nutrition des femmes avant et pendant leur grossesse. Des progr\u00e8s constants ne sont visibles que dans les taux d\u2019allaitement maternel exclusif. Ces chiffres et ces \u00e9volutions sont certes une grande d\u00e9ception pour nous, mais pour les enfants et les personnes concern\u00e9s, ils renvoient \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 qui sous-tend toute leur existence, et qui renforce notre d\u00e9termination \u00e0 continuer de rechercher des solutions. Depuis 2017, ann\u00e9e o\u00f9 des signes indiquant une progression de la faim ont commenc\u00e9 \u00e0 appara\u00eetre, nos organisations ont analys\u00e9 en profondeur, dans les diff\u00e9rentes \u00e9ditions de ce rapport, les principaux facteurs \u00e0 l\u2019origine de ces \u00e9volutions pr\u00e9occupantes et ont formul\u00e9 des recommandations fond\u00e9es sur des donn\u00e9es factuelles pour y rem\u00e9dier. \u00ab\u00a0Nous avons soulign\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises que l\u2019intensification et la conjonction des conflits, des ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques extr\u00eames et des ralentissements et fl\u00e9chissements \u00e9conomiques, auxquels viennent se greffer le prix largement inabordable des aliments nutritifs et les in\u00e9galit\u00e9s qui se creusent, nous faisaient prendre du retard au regard des cibles de l\u2019ODD\u00a02. Nous devons rester d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 prendre des mesures audacieuses visant \u00e0 renforcer la r\u00e9silience face \u00e0 ces \u00e9preuves, mais il nous faut \u00e9galement tenir compte d\u2019autres m\u00e9gatendances\u00a0\u00bb, indique le rapport.<\/p>\n<p><strong>Effets de l\u2019urbanisation<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019urbanisation est l\u2019une de ces m\u00e9gatendances, et le th\u00e8me du rapport de cette ann\u00e9e. D\u2019apr\u00e8s les projections, pr\u00e8s de 7\u00a0personnes sur 10 vivront en ville en 2050; mais aujourd\u2019hui, cette proportion est d\u00e9j\u00e0 de 56\u00a0% environ. Pour comprendre la mani\u00e8re dont l\u2019urbanisation fa\u00e7onne les syst\u00e8mes agroalimentaires, il nous faut l\u2019\u00e9tudier sous l\u2019angle du continuum rural-urbain, et aborder tous les aspects, de la production alimentaire \u00e0 l\u2019achat des produits alimentaires et au comportement des consommateurs, en passant par la transformation, la distribution et la commercialisation. En effet, l\u2019urbanisation contribue \u00e0 transformer les syst\u00e8mes agroalimentaires en remodelant les sch\u00e9mas spatiaux de la demande alimentaire et en influant sur les pr\u00e9f\u00e9rences des consommateurs, et a une incidence sur les modes et les lieux de production, d\u2019approvisionnement et de consommation des aliments ainsi que sur le choix de ces aliments. Ces changements se r\u00e9percutent sur les syst\u00e8mes agroalimentaires, et engendrent tout \u00e0 la fois des d\u00e9fis \u00e0 relever et des possibilit\u00e9s \u00e0 saisir pour assurer l\u2019acc\u00e8s de tous \u00e0 une alimentation saine et abordable. Avec l\u2019accroissement de la population, les villes moyennes ou grandes et les localit\u00e9s rurales r\u00e9duisent sans cesse l\u2019espace qui s\u00e9pare les zones rurales des grandes m\u00e9tropoles. Dans ce monde de plus en plus urbanis\u00e9, nous ne pouvons plus mener notre lutte contre la faim, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la malnutrition en partant de l\u2019hypoth\u00e8se traditionnelle d\u2019un foss\u00e9 entre les zones rurales et les zones urbaines. Sous l\u2019effet de l\u2019urbanisation mondiale, la demande et l\u2019offre de produits alimentaires \u00e9voluent rapidement le long du continuum rural-urbain, et remettent en question notre mode de pens\u00e9e habituel. Dans certains contextes, les achats importants de produits alimentaires ne sont plus seulement le fait de m\u00e9nages urbains, mais sont aussi observ\u00e9s chez les m\u00e9nages ruraux qui vivent loin d\u2019un centre urbain. De plus, la consommation d\u2019aliments hautement transform\u00e9s augmente aussi dans les zones p\u00e9riurbaines et rurales dans certains pays, tandis que celle de l\u00e9gumes, de fruits, de mati\u00e8res grasses et d\u2019huiles tend \u00e0 s\u2019homog\u00e9n\u00e9iser le long du continuum rural-urbain. Ces \u00e9volutions majeures ont des incidences diff\u00e9rentes sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition des personnes selon l\u2019endroit o\u00f9 ces derni\u00e8res vivent le long de ce continuum. Pour surmonter les d\u00e9fis associ\u00e9s \u00e0 l\u2019urbanisation et exploiter les possibilit\u00e9s que celle-ci ouvre, nous devons fonder nos actions, nos interventions publiques et nos investissements sur une vision claire des liens r\u00e9ciproques entre le continuum rural-urbain et les syst\u00e8mes agroalimentaires, ainsi que de la mani\u00e8re dont, dans ce contexte, l\u2019urbanisation influe sur l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une alimentation saine et abordable, et de ce fait sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition.<\/p>\n<p><strong>L\u2019Alg\u00e9rie,\u00a0 seul pays africain dans le vert<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Alg\u00e9rie est le seul pays africain class\u00e9 dans la cat\u00e9gorie verte selon le dernier rapport de la FAO. Cela place l\u2019Alg\u00e9rie au m\u00eame niveau que les pays d\u00e9velopp\u00e9s en termes d\u2019acc\u00e8s aux produits alimentaires comme \u00e9tant le seul pays africain figurant dans la cat\u00e9gorie verte. Dans le cadre de ses efforts continus pour d\u00e9velopper le secteur dans le cadre de la mise en \u0153uvre du Programme de D\u00e9veloppement Durable 2030, l\u2019Alg\u00e9rie a fait des progr\u00e8s. Le rapport, consacr\u00e9 par les experts de la FAO, au suivi de la r\u00e9alisation des objectifs alimentaires et agricoles au niveau international, indique que l\u2019Alg\u00e9rie est le seul pays africain \u00e0 figurer dans la cat\u00e9gorie verte, en termes d\u2019indicateurs de pr\u00e9valence de la sous-nutrition au niveau national. Suivi par l\u2019\u00c9gypte dans la cat\u00e9gorie des pays qui sont en voie d\u2019atteindre l\u2019objectif. En ce qui concerne la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, l\u2019Alg\u00e9rie fait partie des pays en voie d\u2019atteindre l\u2019objectif de la FAO. Les experts de l\u2019Organisation indiquent des progr\u00e8s dans la mise en \u0153uvre du programme. \u00c0 cet \u00e9gard, l\u2019Alg\u00e9rie avait d\u00e9j\u00e0 ouvert la voie au d\u00e9veloppement du secteur Agricole, par l\u2019adoption d\u2019une nouvelle politique paysanne. L\u2019objectif est d\u2019am\u00e9liorer la production nationale, en particulier la culture des c\u00e9r\u00e9ales, qui est l\u2019un des objectifs fiables de l\u2019\u00c9tat.\u00a0Le secteur agricole est \u00e9galement le principal contributeur \u00e0 la production int\u00e9rieure brute. <strong>Le ministre de l&rsquo;Agriculture et du D\u00e9veloppement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, a affirm\u00e9 r\u00e9cemment que le Forum \u00e9conomique de Davos a class\u00e9 l&rsquo;Alg\u00e9rie, dans son dernier rapport, parmi les pays \u00ab\u00a0leader\u00a0\u00bb dans le monde en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire \u00e0 travers sa production nationale.<\/strong> M. Henni a salu\u00e9 les r\u00e9sultats du dernier rapport du Forum \u00e9conomique de Davos, publi\u00e9 le 17 janvier dernier, dans lequel le Forum a affirm\u00e9 le classement de l&rsquo;Alg\u00e9rie parmi les pays leaders dans le monde en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire \u00e0 travers sa production nationale. Dans ce cadre le rapport a soulign\u00e9, selon M. Henni, que la part de la production agricole par habitant \u00ab\u00a0a doubl\u00e9 ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;efficacit\u00e9 du mod\u00e8le agricole adopt\u00e9 par les autorit\u00e9s publics\u00a0\u00bb. Les r\u00e9sultats de ce rapport s&rsquo;ajoutent ainsi \u00e0 ceux conclus par la FAO, qui avait class\u00e9 l&rsquo;Alg\u00e9rie en premi\u00e8re place aux niveaux arabe et africain, pendant trois ann\u00e9es ex\u00e9cutives (2020, 2021 et 2022), en termes de concr\u00e9tisation des objectifs du d\u00e9veloppement durable des Nations Unies dans le domaine de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, ajoute le ministre. <strong>A cet \u00e9gard, M. Henni a estim\u00e9 que les changements survenus depuis 2020 sur tous les plans \u00ab\u00a0confirment la vision prospective du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, qui a inscrit, la n\u00e9cessit\u00e9 de la mise en place d&rsquo;un plan urgent de modernisation de l&rsquo;agriculture, parmi ses 54 engagements, afin d&rsquo;assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, r\u00e9pondre aux besoins nationaux et mettre fin \u00e0 la d\u00e9pendance alimentaire\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p><strong>K.B<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Programme de d\u00e9veloppement durable \u00e0 l\u2019horizon 2030 des Nations-Unies, porte la vision d\u2019un monde plus sain, plus juste et plus \u00e9quitable \u2013 un monde lib\u00e9r\u00e9 de la pauvret\u00e9, de&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":17519,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[6,3,2392],"tags":[],"class_list":["post-17518","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-international","category-la-une"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/odd-1.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17518","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=17518"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17518\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17520,"href":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17518\/revisions\/17520"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/17519"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=17518"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=17518"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lekiosquesport.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=17518"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}